Aval Pluton loin (13/08/26)
Situé à une heure du bivouac, Pluton loin représente un bel objectif pour une journée déjà bien remplie. Après le passage d’un petit ressaut marquant le terminus de l’expédition printanière, nous enchainons les visées dans un méandre confortable entrecoupé de quelques blocs éboulés. Le fort courant d’air descendant indique la voie à suivre. Un cône de sédiment suggère un débourrage au plafond et, sous peu, nous atteignons une intersection. La galerie semble se poursuivre dans l’axe. Etrangement le courant d’air est inversé alors que la température extérieure demeure résolument élevée. Celui-ci émerge d’une profonde fissure au sol quelques mètres en aval et semble indiquer l’existence d’un étage inférieur. Le courant d’air rejoint l’intersection pour s’engouffrer dans une galerie effondrée. Reconnue sur quelques dizaines de mètres la trémie semble praticable et pourrait mener à l’amont de la Galerie Traverse. Serait-il possible que nous y ayons manqué un passage ? A défaut de shunter Fangine, accéder au bivouac par Pluton loin serait certainement plus confortable que par Zéphyr. Nous laissons ces perspectives pour une future expédition et rejoignons le bivouac pour une nuit bien méritée.
Les Anneaux de Satourne (14/08/26)
Le lendemain, l’extrême amont des Fées nous attend. Les Anneaux de Satourne, un affluent d’Andromède, se développent dans l’axe de la Grande Combe en direction du refuge du Poteau et avaient été explorés sur un peu moins de 400 m en 2025. La suite de la galerie s’avère confortable (1 m de large x 2-3 m de haut) et, après 140 m, elle rejoint une circulation d’eau pérenne (débit estimé à 1-2 L/s correspondant à un étiage marqué pour ce mois d’août). Après un peu moins de 150 m d’exploration dans cet actif, une bifurcation se présente : une fraction du débit provient de la galerie de gauche avec, oh surprise, des mousses de crue sur les parois… ; la majorité du débit provient de la galerie de droite qui garde des dimensions confortables. Cette bifurcation constitue le terminus actuel (août 2026). Le courant d’air venant de l’amont est clairement perceptible et incite à revenir poursuivre l’explo dès que possible car pour nous, c’est l’heure de faire demi-tour pour un bon pic-nic dans Andromède…

Galerie Aquarius (14/08/26)
Bien restaurés et réchauffés, il nous reste quelques heures de dispo avant de regagner « nos pénates » et nous optons pour un début d’exploration d’une galerie aval à Andromède défendue par un lac plus profond qu’une hauteur de botte et qui nous nargue depuis la découverte d’Andromède… Une reconnaissance montre que le lac d’un bon mètre de profondeur peut être franchi à sec par une vire/opposition acrobatique… C’est parti pour l’exploration et la topographie du début de cette galerie Aquarius. Au-delà du lac, une galerie argileuse remonte pour rejoindre un secteur plus horizontal avec des dimensions moyennes de 1,5 m de large pour 2-3 m de haut. Au bout de 200 m, plusieurs départs plus étroits se présentent : l’un d’eux mène à une grosse cheminée arrosée se prolongeant par un puits. Les autres ne sont pas reconnus et nous arrêtons l’exploration et la topographie ici pour aujourd’hui. Il est temps de retourner au bivouac de la Croix du Sud pour une deuxième nuit.

Vers le terminus actuel de la galerie Aquarius (photo Marc Luetscher)
La galerie de l’Eclipse (15/08/26)
Pour notre dernier jour dans la zone lointaine du réseau, nous décidons de reconnaître une petite galerie qui se greffe au niveau du niveau du carrefour des Etoiles et qui avait été laissée de côté jusqu’à ce jour. Il s’agit d’un aval fossile relativement argileux au début puis se transformant en une galerie de 1 m de large pour 2-3 m de haut en moyenne creusée sur des diaclases et dans un calcaire fossilifère. Cela s’annonce donc mieux qu’anticipé ! Au-delà, la galerie se rétrécit à plusieurs endroits, lorsqu’elle se dédouble. Après 200 m d’explo et de topo, nous décidons d’en rester là, avec une galerie de l’Eclipse qui semble se poursuivre de manière similaire tout en étant parcourue par un courant d’air bien perceptible se dirigeant vers la suite à explorer (aval).

La galerie de l’Eclipse (photo Marc Luetscher)
Nous retournons dans la Voie lactée, récupérons le matériel laissé au bivouac puis prenons le chemin du retour vers la surface. Au passage, nous en profitons pour lever quelques points d’interrogation qui parsèment le parcours, dont un méandre qui fait une boucle avec la galerie principale. Ces bouts de topo représentent 128 m de galeries supplémentaires.
Nous arrivons ensuite sans encombre (si l’on passe la galerie Fangine sous silence…) au bivouac du Dragon pour une dernière nuit en compagnie des Fées. Le lendemain, un réveil matinal nous permet de rejoindre l’entrée des Follatons en fin de matinée et de rejoindre les rives de l’Orbe pour un décrassage du matériel et des gaillards…
Une bien belle expé avec 1070 m de nouvelles galeries dument topographiées et de nouveaux points d’interrogation pour l’avenir !