Anneaux de Satourne

Participants : Jérôme Perrin, Marc Luetscher

Cinq jours à scruter la météo. Les prévisions sont particulièrement instables et les incertitudes de Météosuisse varient entre 0 et 36 mm de précipitations journalières ! L’analyse détaillée des mesures de hauteur d’eau enregistrées dans les lacs de Glaisine apportent quelques éléments de réponse mais n’aident pas vraiment à la décision. En gros, nous avons le choix entre des conditions optimales ou, pour le moins délicates… Finalement, c’est après quelques hésitations que nous nous lançons ! Objectif la Croix du Sud (branche se dirigeant en direction de la Grande Baume du Risoux).

Nous récupérons les kits de portage avec les sacs de couchages au bivouac du Dragon pour attaquer le pénible obstacle « Fangine ». Deux petites heures supplémentaires nous mènent à la Voie Lactée et, bien que la progression y soit aisée, cette galerie nous semble interminable : il reste presque 1 km à parcourir jusqu’à la Croix du Sud.

Après avoir laissés les sacs à l’entrée de la galerie, nous rejoignons le puits/cheminée sur lequel nous nous étions arrêtés en 2023 et équipons une petite vire pour contourner l’obstacle. Au-delà, la galerie se poursuit entre quelques zones concrétionnées. Un départ sur la gauche est rapidement reconnu et méritera une attention particulière la prochaine fois. La galerie ventilée continue avec des dimensions plutôt agréables (1x2 m) en direction de la Grande Baume du Risoux. Après env. 150 m de topo nous décidons de rebrousser chemin non sans avoir reconnu quelques mètres dans la suite qui s’annonce très encourageante !

De retour à l’entrée de la Croix du Sud, nous trouvons juste l’espace nécessaire pour installer le nouveau bivouac, un peu spartiate... Les alternatives ne sont pas nombreuses et il s’agit d’une des rares zones à l’abri du courant d’air principal et à proximité (relative) d’un point d’eau.

Le lendemain nous attaquons l’objectif principal de notre expédition. Il s’agit de la suite d’Andromède que nous avions délaissée la dernière fois pour nous perdre dans le Trou noir. La galerie, qui démarre paroi gauche environ 350 m avant la fin d’Andromède, se poursuit avec de bonnes dimensions (1x2-3m) et une alternance de passages argileux et de passages au sol couverts de blocaille. Le courant d’air venant de l’amont est clairement perceptible. La galerie paraît particulièrement sinueuse : les « Anneaux de Satourne » sont explorés sur plus de 400 m avant que nous ne rebroussions chemin. La topographie est arrêtée au niveau d’un énième virage avec suite argileuse mais confortable à la clé !

Pour limiter les risques au vu des incertitudes météo, nous faisons l’impasse sur une deuxième nuit à la Croix du Sud pour nous diriger directement vers le bivouac du Dragon. Cela nous rapproche considérablement de la sortie et permet d’éviter autant que possible les orages prévus le samedi matin. Sur le chemin du retour nous observons quelques arrivées d’eau qui se sont activées à la suite de précipitations que nous n’espérons pas trop importantes. Finalement nous ressortons sans encombre le samedi vers midi, après quelque 50h passés sous terre. Il ne pleut pas…

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