On se retrouve pour une nouvelle tentative d’escalade dans l’immense et intrigant réseau des Fées. Trois ans après notre déception dans la queute de l’escalade Coventina (de l’autre côté du réseau), nous avons digéré l’échec et sommes motivés pour reprendre de la hauteur dans le Réseau des Fées.

Une discussion avec Ludo et Marc nous pousse à reprendre une escalade entamée en 2016 par Bertrand Montreuil et Sylvain Sommer (et Ludo ?), dans les salles supérieures de Glaisine. Nous n’avons pas beaucoup d’infos sur l’escalade en elle-même, mais l’objectif est là.

Aucun de nous n’est allé plus loin que la Galerie des Errants dans cette partie du réseau : ce sera donc aussi l’occasion de découvrir une nouvelle portion du réseau. Initialement partis pour une sortie avec une ou deux nuits sous terre, le poids des sacs — chargés uniquement de matériel d’escalade — nous fait revoir notre plan. Nous partons finalement pour une grosse journée d’exploration. Malgré un équipement minimaliste, nous portons deux kits de 48 L, de 14 et 16 kg.


Dimanche à 11h30, nous entrons dans le réseau. La descente des puits est efficace. Dans dans le Graal, Merlin et les Errants, nos épaules rencontrent véritablement le poids de cette sortie. Nous traversons ensuite la magnifique galerie des Lacs, avant une zone plus labyrinthique nécessitant de fréquentes lectures de la topo. Une erreur de parcours nous fait manquer le shunt de Glaisine et déboucher dans la partie de Glaisine avec des lames d’érosion au sol. Nous trouvons finalement un autre accès aux salles supérieures, par un passage rampant et peu agréable. À 15h30, nous atteignons enfin les salles supérieures.


Au pied de l’escalade, une corde en place monte sur une quinzaine de mètres. Du matériel ancien est encore présent au sol (plaquettes, maillons, goujons, dans des états variables). L’objectif est grand et impressionnant.
Après un rapide pique-nique et une préparation du matériel, nous attaquons l’escalade vers 16h30.


Benjamin profite de son aisance avec le calcaire pour grimper en libre sur une bonne partie de l’escalade. Après une douzaine de mètres, il atteint un surplomb où il installe une vire. L’escalade dévie alors légèrement sur la droite : les deux cheminées visibles depuis la salle se rejoignent en une seule cheminée, monumentale. Depuis la vire, je l’assure pour la suite. Il progresse rapidement sur une quinzaine de mètres supplémentaires, avec très peu d’artif. Plus haut, la roche devient plus douteuse et nécessite quelques purges, sans incident. Le perfo arrive toutefois en fin d’accu et le nombre de goujons restants est insuffisant pour équiper correctement. Nous redescendons chercher du matériel, puis Benjamin remonte poser quelques points fixes. Au final, deux cordes personnelles de 25 m sont installées. Une troisième corde nous attend pour la suite.

Les visées réalisées suggèrent une cheminée d’au minimum 80 m de haut, probablement davantage. Le disto n’a pas réussi à viser suffisamment loin sur la paroi. La largeur est conséquente (5 à 10 m par endroits) et des traces d’eau indiquent qu’elle peut être arrosée. La suite de l’escalade se fera entièrement en artif, la paroi devenant plus lisse et verticale. Nous quittons les salles supérieures vers 21h30. Le retour est plus fluide et nous rejoignons le Graal relativement rapidement. Dans la remontée des puits, nous testons un automouflage (longue pédale dans mousqueton avec poulie, ou dans une poignée à poulie intégrée). La technique est confortable mais chronophage ; après deux ou trois puits, nous revenons à la configuration classique pédale fixe + pantin.

Sortie peu avant 1h du matin, sous la neige. TPST : 13h30


Remerciements : Albert pour le logis et les conversations sympathiques, Ludo et Marc pour les conseils et motivations exploratives, Louis pour le perfo, Jacques D. pour la topo très précise, Bertrand et Sylvain pour le début de l’escalade, le GEF et, surtout : le réseau des Fées pour sa grandeur (respectivement, sa
hauteur).